Les prévisions saisonnières sont complexes, plus d'infos en bas de cette page.                                  Mis à jour le 21.06.2026


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Les prévisions saisonnières.

1. Elles partent d'un état initial très précis de la Terre

Les modèles ingèrent une quantité gigantesque de données :

  • Température des océans à toutes les profondeurs.
  • Température et humidité de l'atmosphère.
  • Couverture neigeuse.
  • Humidité des sols.
  • Étendue des glaces marines.
  • Vents et pression atmosphérique.
  • Concentrations de gaz à effet de serre et d'aérosols.

Ces données proviennent des satellites, des ballons-sondes, des stations météo, des avions et des navires.

2. On fait tourner des dizaines de simulations

Le principal organisme européen est le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme.

Au lieu d'effectuer une seule simulation, on en lance des dizaines avec de légères différences dans les conditions initiales. C'est ce qu'on appelle la prévision d'ensemble.

Par exemple :

  • 30 % des simulations indiquent un été normal.
  • 55 % un été plus chaud.
  • 15 % un été plus frais.

Le résultat sera alors une probabilité accrue d'un été chaud, et non une certitude.

3. Les océans jouent un rôle essentiel

Pour des échéances de plusieurs mois, l'atmosphère seule est trop chaotique.

Les prévisionnistes regardent donc des phénomènes plus lents :

  • El Niño et sa phase froide La Niña.
  • Les températures de l'Atlantique Nord.
  • La circulation atmosphérique nord-atlantique, notamment la Oscillation nord-atlantique.
  • L'état des sols européens.
  • L'enneigement hivernal sur l'Eurasie.

Ces éléments influencent fortement le climat européen sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.

4. Pourquoi ces prévisions sont-elles plus fiables pour les températures que pour la pluie ?

Parce que :

  • La température dépend largement de phénomènes à grande échelle, relativement prévisibles.
  • Les précipitations dépendent davantage des orages, dépressions et situations locales, beaucoup plus difficiles à anticiper longtemps à l'avance.

C'est pourquoi vous voyez souvent des cartes indiquant :

  • « Probabilité élevée d'un été plus chaud que la normale » : assez fiable.
  • « Probabilité d'un été plus sec » : beaucoup plus incertain.

5. Pour la Suisse, la difficulté est encore plus grande

La Suisse est située :

  • au carrefour des influences atlantiques,
  • méditerranéennes,
  • continentales,
  • et alpines.

Un simple déplacement de quelques centaines de kilomètres d'un anticyclone peut changer complètement le temps sur le pays.

Ainsi, une prévision saisonnière annonçant un été chaud en Europe peut être correcte, tout en se traduisant en Suisse par :

  • un mois de juin très chaud,
  • un mois de juillet orageux,
  • puis un mois d'août plus frais.

6. Quelle est leur fiabilité réelle ?

Pour l'Europe occidentale :

  • Température : fiabilité modérée à bonne, surtout en été et en hiver.
  • Précipitations : faible à modérée.
  • Événements extrêmes précis (canicule de 10 jours, orage majeur) : impossible plusieurs mois à l'avance.

7. Et avec le réchauffement climatique ?

C'est un point important : les prévisions saisonnières sont aujourd'hui plus souvent orientées vers des anomalies chaudes, non parce que le modèle serait « biaisé », mais parce que le climat de référence lui-même s'est réchauffé.

Autrement dit, lorsqu'un modèle annonce « plus chaud que la normale », il compare déjà à une normale récente qui est elle-même plus chaude qu'il y a 30 ou 50 ans.

 

C'est une des raisons pour lesquelles les étés exceptionnellement chauds sont devenus beaucoup plus fréquents en Europe qu'au XXᵉ siècle.