Après le survol du vallon de Valsorey,

la cabane est là. Perdue sur son bout de rocher. Au pied du Grand Combin.

Le cœur grandi au rythme des pâles de l'hélicoptère.

Le souffle du fohen fait trembler la machine qui nous monte comme une feuille morte. Autant l'humain peut être un  mégalomane destructeur de l'environnement, autant il peut être minuscule face à la nature.

Quand tu partages le temps avec le silence des pierres et le souffle des glaciers tu comprends que l'humanité n'est qu'une parenthèse de l'histoire.

 

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La chronique écologique du gypaète

 

Je tournais tranquillement au-dessus du vallon de Valsorey ce matin, porté par un petit thermique élégant, quand j’ai compris que la saison commençait vraiment.

D’abord le bruit.

Ce drôle d’oiseau métallique qui n’a ni plumes ni élégance : l’hélicoptère.
Sept rotations. Rien que ça.

Sept fois il est venu se poser près de la cabane comme un gros insecte fatigué. Et à chaque fois, il a recraché son butin : caisses, sacs, nourriture, matériel… et surtout une armée d’humains motivés.

Car à Valsorey, l’ouverture d’une cabane n’est pas un détail.
C’est presque une expédition.

Les amis de la cabane sont montés donner un coup de main. Et croyez-moi, ils ne sont pas venus pour admirer le paysage.

Pendant que je planai au-dessus de la Dent de Botseresse, j’ai observé la scène :

— Une palette d’eau à ranger.
— De la nourriture pour deux mois à descendre au garde-manger.
— La terrasse à peler pour retrouver les tables cachées sous la neige.
— L’accès aux WC à dégager 
— Remettre en route les circuits d’eau.
— Faire couler la première eau de la saison.
— Réveiller le Wi-Fi, ce mystérieux esprit invisible que les humains semblent vénérer presque autant que les glaciers.

 

Et au centre de ce ballet, la gardienne Isabelle, secondée par Eva.


Deux humaines courageuses qui transforment chaque printemps une cabane endormie en refuge vivant.

Je dois reconnaître une chose : les humains sont étonnants.
Capables de transporter des tonnes de matériel à plus de 3000 mètres…
juste pour pouvoir ensuite monter ici volontairement avec des skis ou des crampons.

Mais bon.
Chacun son étrange passion.

Alors pendant que les derniers cartons trouvent leur place, que les tables ressortent au soleil et que l’eau recommence à chanter dans les tuyaux, je me permets d’annoncer officiellement :

La cabane de Valsorey se réveille.

Amis alpinistes, randonneurs, rêveurs et amateurs de grandes montagnes :
vous pouvez commencer à préparer vos sacs.

Le Grand Combin vous attend.
La Haute Route aussi.
Et là-haut, une cabane prête à vous accueillir.

Moi, je continuerai simplement à tourner dans le ciel.

Et si jamais je vous vois grimper très lentement dans la pente…
ne vous inquiétez pas.

Je vérifierai juste que vous n'êtes encore épuisés... le vallon est long.

 

Bienvenue à Valsorey. 🪶