Certains politiciens aujourd'hui ressemblent de plus en plus aux " réfutocrates" des réseaux sociaux qui disent que les vagues de chaleur ont toujours existé en Suisse.
C’est vrai.
Comme les avalanches, les crues du Rhône ou les éboulements dans les Alpes. Mais autrefois, on regardait la montagne pour comprendre ce qui changeait.
Aujourd’hui, certains regardent le thermomètre comme on regarde une montre arrêtée : en répétant que « cela a toujours fonctionné ainsi ».
Il y a quelque chose d’étrange dans cette époque. Les glaciers reculent sous nos yeux, les forêts montent en altitude, les nuits tropicales apparaissent jusque dans certaines vallées
alpines…
Et pendant ce temps, des politiciens expliquent avec gravité ou ironie que puisqu’il faisait déjà chaud en 1911, alors il n’y aurait rien à comprendre de 2026. C’est un peu comme voir sa
maison prendre feu et déclarer calmement que des étincelles ont toujours existé.
Oui, le climat a toujours varié. Mais jamais avec une telle vitesse, une telle accumulation de records et une telle obstination humaine à vouloir confondre exception passée et tendance actuelle.
La montagne, elle, ne débat pas. Elle fond... Pis finalement, j'en ai rien à faire que les glaciers fondent, ils ne sont justes plus à leur place. J'en ai rien à faire que la faune crève, il ne sont plus à leur place non plus. J'en ai rien à faire que la mer monte, j'en ai rien à faire que "les aplanistes des mauvaises nouvelles trouvent que tout est normal.
Ce qui est fascinant, ce n’est même plus le déni.
C’est cette capacité presque poétique à regarder une montagne qui s’écroule et à conclure que tout va parfaitement bien parce qu’un été chaud a existé sous Napoléon.
La science accumule des mesures. Les glaciers accumulent des pertes. Et internet accumule des experts qui confondent météo, histoire et commentaire Facebook entre deux photos de grillades.
