17 septembre. Glacier d'Otemma.

Regarde bien cette eau, c'est une eau fossile, vieille de plusieurs milliers d'années. Depuis son arrivée au monde il y a 4.5 milliard d'années...  en passagère clandestine d’une météorite, elle n’a cessé de se transformer.  

Tantôt gazeuse, tantôt solide, tantôt eau de boisson, élément de vie d’une cellule humaine ou particule gazeuse d’une masse d’air.

Elle se déguise en chute d’eau, en vin, en nuage, en humain, en cerveau ou en urine. Elle est présente partout, même dans les déserts.

 

Cette goutte qui retrouve la vie en sortant du glacier d’Otemma après quelques milliers d’années de repos solide et froid, va redevenir libre et frivole.  Son cycle recommence avec aisance. 

Avec toutefois de légères différences auquel elle devra faire face prochainement.

La pollution débordante des airs.

Mais elle devra aussi se frayer un passage dans des millions de tonnes de déchets et d’ordures ménagères qui saccagent la vie sur terre. Elle devra également s’accommoder des milliards de nano-particules de plastique qui jonchent les rivières, les lacs, les glaciers et les océans au bord de l’asphyxie. Elle devra supporter la pollution chimique à l’excès.

 

Elle devra faire face aux politiciens qui détournent leur regard à la vue de cette si fragile goutte transparente et insignifiante... En faisant un maximum pour oublier qu’elle est indispensable à la vie sur terre et quelle a fait naître nos enfants.

 

Il a fallu que j'assiste à ton retour, au paradis perdu du haut Val de Bagnes sauvage. Presque à l’abri de la vie humaine. Au régime minéral,  lent et authentique.

Ne soit pas trop pressée de rejoindre les turbines de la Dixence car après… rien ne sera comme avant.

 

Bienvenue en enfer... ta mort sera une délivrance !

 


Mont Gelé (le vrai) 3518 m.

 

La passion-montagne en pleine ambivalence climatique.

C’est dans un décor de carte postale que je poursuis ma quête de tous les sommets du Val de Bagnes. Une des plus grandes communes de Suisse mine de rien, et son principal atout reste des sommets sauvages et relativement peut courus.

Perdu tout au fond du haut Val de Bagnes, le vallon d’Ayace (ou crête sèche) coche toutes les cases de mon EMS préféré.

Comme tout lieu idyllique, le lac du vallon, reste un oasis de calme et de tranquillité. Il fait face à la Tsouma des Boucs et au Bec d’Epicoune, avec dans son dos la pointe d’Ayace, plus verte et moins sensible au temps géologique.

Le lac légèrement en retrait du carrefour du vallon d’Otemma, à 2550 mètres a pris naissance lors du recul de l’ancien glacier de Crête Sèche. Le glacier en retrait depuis 1850 a laissé la place à cette boursouflure morainique couverte de génépi blanc.

C’est sur le rivage du lac que je plante ma tente ce vendredi soir après le boulot. Juste le temps de me faire une petite fondue avant la nuit qui commence à tomber plus vite avec l’arrivée de cette fin d’été.

Pas une âme à des kilomètres, un calme absolu et enchanteur ou le temps ralenti au rythme particulier de la rotation du soleil. Ici pas de montre ni de rendez-vous. Le temps est plus lent, plus vivant, plus prenant, plus serein.

Peut être finalement, comme la vie d’un enfant. Ou comme les dernières minutes de vie d’un vieux bouquetin qui se couche une dernière fois en regardant le Grand Combin pour mourir.

Pas de réseau, pas de mauvaises nouvelles, tu commences à prendre le temps d’oublier la vie d’en bas en regardant la clarté naissante du lever de lune derrière les aiguilles des Boucs. Les étoiles sont plus grandes, plus lumineuses et scintillent au rythme du vent d’altitude pour te donner encore plus de force.

La nuit s’annonce pourtant chaotique. Les torrents rugissent de partout, la brise frappe les parois de ma tente violemment, le léger dévers rend ma nuit glissante et la petite motte que je n’ai pas enlevée fait de mon vieux dos une marmelade.

Inutile d’essayer de dormir plus longtemps, au lever du jour, je me fais un petit riz au lait lyophilisé qui me va à merveille. J’ai pas la grande forme et la motivation en pâti.

A 6h30, je charge mon sac à dos sans grande énergie et je me dirige péniblement plein Sud en direction du col de Crête Sèche. Mon pas ressemble franchement à celui d’un résident d’EMS qui essaye de rejoindre son fauteuil à 2 mètres de son lit dans un effort surhumain.

Après une heure de souffrances et de doutes, le rythme devient raisonnable et la montagne devient plus belle et accueillante.

Au col, le soleil de l’Italie me prend de toute sa fusion climatique apocalyptique et j’égrène les couches. Une brève redescente dans le vallon et je prends la voie hivernale pour monter en direction du glacier de l’Aroletta. Itinéraire fortement exposé aux chutes de pierre, j’ai l’impression d’être la quille d’un bowling qui attend l’arrivée des joueurs.

 

Ancien plateau glacière, 2 petits lacs se sont formés pour donner un peu de couleurs dans cet endroit magnifique, je croise les deux premières personnes de la journée en montant au col du Mont Gelé à 3144 mètres d’altitude. Cela fait 3h30 que je suis parti et la soif devient insistante malgré le remplissage de ma gourde à tous les ruisseaux possibles.

 

Au col, j’étudie le cheminement possible pour affronter le sommet de la meilleure des façons mais j’hésite franchement entre deux variantes. Je demande mon chemin à un bel italien montagnard, musclé, avec la tête et le look de Claude Rémy des années 70-80 qui redescend du sommet piolet à la main et crampons aux pieds. Il m’envoie en direction du col de la Balme !?  C’est pas la première fois que je me fie à des locaux mais là je vois bien qu’il y a un lézard.  L’arrête entre le col de Balme et le sommet me paraît infranchissable en solo, mais d’expérience ce qui me paraît infranchissable de loin peut s’avérer étrangement facile quand on est sur place. Donc je décide de suivre les conseils du Messmer des cimes en pleine déscension du K2.  ( Larousse a certainement oublié le mot)

Comme je n’ai pas pris mes crampons pour affronter le terrible glacier du Mont Gelé en face Sud, je longe la rive gauche au pied du Mont de la Balme. Exposé aux chutes de pierres qui jalonne le glacier de partout. Plusieurs crevasses sont présentes à mon grand étonnement.  Les chutes de pierres ont l’avantage de laisser beaucoup de résidus de sables sur la glace et favorisent une ascension légère et en sécurité.

Arrivé au col, il me reste environ 150 mètres sur des rochers relativement bien dans leurs peaux et pas craignos du tout. Malheureusement je devrais me contenter de l’antécime à 3442 mètres. L’arrête est hors de ma portée techniquement et clairement tout le monde s’en contente.  En fait, le chemin normal traverse le glacier pour attaquer le sommet par-dessous.

La vue gagnée avec ma sueur reste à la hauteur de mon imagination. La clarté du ciel, les géants des Alpes, l’éternel stratus sur l’Italie. La vue du plus bas depuis tout en haut, Le Vélan en pleine lumière et le Mont Blanc toujours aussi blanc.

Il est 11h30 et les chutes de pierre résonnent de partout ! Etrangement les principales chutes de pierre sont sur les faces Nord. Certainement que le pergélisol a déjà fondu depuis belle lurette sur les faces Sud.

Les bowlings ayants ouverts, j’ai renoncé à mon raccourci dans la descente en préférant le chemin normal sur Crête sèche. Malheureusement le détour n’en vaut pas la chandelle, j’étais aussi exposé aux chutes de pierre et je dois me taper 300 m. de déniv pour remonter au col sous une chaleur de Sahara, sans eau et à bout de force.  La longue descente pour rejoindre mon bivouac sera un peu plus rapide mais j’arrive à 16h30 à ma tente. Je bois la moitié du lac pour ne pas tomber en poussière mais suis obligé de laisser un peu d’eau aux truites prisonnières d’un paradis qu’elles n’ont pas demandé.

Tout cassé, je plie ma tente après une rapide sieste et me tape encore ¾ d’heure de vélo pour rejoindre Mauvoisin.

 

Il est difficile d’expliquer cette passion qui dévore.

La beauté de l’environnement, la solitude ou la sérénité. Peut être aussi la prise de risque, l’effort, la fierté d’arriver au sommet. L’ouverture sur un ciel limpide. Les connaissances acquises de la montagne qui sont un enrichissement personnel fabuleux, la préparation des courses les jours avant ?

 

Toujours est-il qu’après une course comme celle-là, je me sens vide et pas pressé d’y retourner. Pour être franc j’en ai vraiment chié lors du retour, le lendemain je marche comme un pingouin et je dois bien avouer que l’hiver me va nettement mieux.

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LA MORT EN MONTAGNE

C'est par une douce soirée,  en apprenant la mort d'un alpiniste au grand Combin.

C'est en observant vaguement le Mont Rogneux juste avant le crépuscule. En regardant le temps s'allonger un soir d'été. Depuis le si calme et reposant village de Sarreyer que cette montagne devant moi s'enfonce lentement dans une ombre toute relative. Elle prend sont temps, paresse et fait la grâce soirée. Jusqu'à devenir sombre et imposante, elle se tasse sur elle-même pour se reposer.
La gardienne de Valsorey doit encore une fois de plus se demander pourquoi une vie s'arrête si près, tout là haut, juste là.
Toutes les victimes des cimes ont commis le pêcher mortel de vouloir se rapprocher du ciel.
À l'ouest du Becca de cery. La première étoile s'allume. Scintille et danse pour la vie comme l'arc en ciel après la pluie.
Un voile de cirrus s'installe dans le ciel empêchant les autres étoiles de briller.
Tous ces morts, toutes ces victimes qui sont parties très tôt le matin avec la joie dans le corps, et qui ne sont jamais revenues.

Funeste destin pour ceux d'en bas. Ceux qui ne comprennent pas cette incompréhensible attirance .
Justes des passionnés de l' inutile prêt à sacrifier leur existence pour y monter une dernière fois, pour effleurer le ciel avant de le rejoindre.

Pour essayer de comprendre cet appel qui attire comme un aimant, prêt à laisser femme et enfants dans la douleur. A sacrifier l'avenir pour un intense présent.

D'un coup, la mort te prend par la main et t'emporte dans une chute ultime.
Tu peux en souffrir, y être insensible, ou tout simplement regarder le jour qui s'éteint.
Dans un calme absolu et le regard paisible. Cruellement vide.
Le Rogneux ce fond avec la nuit, son ombre a disparu dans le noir et le chant de la drance s'amplifie et prend toute la place dans le silence de la vallée.
Et je rêve déjà... au sommet que je ferais demain. 


 9 juillet Bec d'Epicoune

 

La nuit tombe sur le haut val de Bagnes, La mémoire du monde ne dure qu'un instant, mais l'ombre de la pointe d'Ayace reste encerclée d'une armée d'étoiles. Les filaments de brume s'enlacent  et se prélassent avec insistance sous les sommets de la vallée. Mes sens s'évaporent  au son du glacier d'Epicoune qui se précipite au fond du vallon. Toute la nuit le torrent du glacier rugira de plus belle en maudissant ce zéro qui résiste à plus de 4'000 m.

Otemma, le cousin d'Epicoune. Glacier pris en sandwich entre l'Aouille et la pointe des Portons ne peut s'échapper de la chaleur des montagnes. C'est un géant fragile, prisonnier du monde et de l'humain. la trace du monstre est encore visible 400 m. en-dessus de son lit actuel. Il ne cessera de crier sa souffrance tout au long des deux jours que j'ai passé à son chevet.

L'été 2022 est de loin pas fini mais sa trace restera indélébile jusqu'au crépuscule de l'histoire des montagnes.

A quoi bon escalader ces sommets en fin de vie si c'est pour voir leur souffrance. Epicoune ne m'en tiendra pas rigueur et ma laissera fouler son bec de la plus belle des manière. Avec ferveur et passion.  

 

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12 juin sur les skis au Mont-Fort

 

Il était impossible de passer l'été sans remettre mes spatules en "Movement".

Grand bien m'en a pris avec des conditions justes parfaites. A 9h00 la neige était encore dure... à regretter mes couteaux.

Parqué la bagnôle devant le Jumbo de la Chaux et monté jusqu'au col des Gentianes en VTT... (de fiotte électrique).

1 heure de vélo et 1 heure sur le magnifique glacier de Tortin pour aller revoir cette vue improbable depuis le sommet. Pas âme qui vive en haut, 3 bouquetins au col pour me souhaiter la bienvenue chez eux. Pays bienheureux quand il est oublié du monde et de ses habitants.

La montée fut un régal de douceur et de glisse sur une neige dure à très dure.

La descente sur la pentue pente NO était bien moquette à poil ras en haut, moquette bien molletonnée au milieu et tapis de velours sur le bas... comme un mois d'avril en fête!

Pourtant on frise les 30° dans les vignobles des côtes du rhône valaisannes. 

Bref, la journée était belle mais il faut quand même avouer que les installations touristocratiques câblées partout dans le ciel sont franchement moches en été... et je suis poli !

à plus

 


4 juin

La Tournette t’embarque dans un tourni fabuleux. La ballade des gens heureux. Les bouquetins se lassent de ton passage, Ils se prélassent du temps qui passe.

L’herbe rase et bien grasse s’encanaille avec l’éboulis et le granite. Le chemin comte fleurette à la sente en lui offrant une gentiane bien juvénile, à la verte tige et au ventre bleu et bien rond.

Une belle histoire, ou l’horizon s’embrume avec le bleu du ciel, le vert fond avec le turquois des rizées d’en bas.

 

Le soleil s’allie à tes rêves d’infini. La promenade qui t’emporte 1200 mètres plus près du ciel, sur le fil du temps et de l’espace. Les mollets durcissent en passant de l’hiver à l’été, le sac s’allège et ton pas s’accélère.  Que c’est bô tout la haut


17 avril  1700 m D+

 

Un petit passage sur le glacier de Corbassière pour profiter de cette neige qui commence à tirer la langue.

Chaude journée mais tellement belle. Ce glacier est magnifique et relativement safe pour ce printemps qui reste difficile à gérer au niveau des crevasses.

4 avril. Petit voyage au paradis de chez nous   600m D+

 

4 jours prévus dans le massif du Mont Rose à l'origine d'une discussion de bistrot.

Dates réservées, cabanes organisées... crevasses trop désordonnées.

Le peu de neige me décourage d'aller au pays de Castor et Pollux avec mes deux blondes. Les conditions trop "viriles" auraient pu effrayer les marmottes des villes mais aussi rendre le trip des dames... "drame à tique"

Mieux vaut rester humble avec nos 4'000 pour mieux les apprivoiser en 2023.

La région d'Arolla est toujours aussi avenante et tentante, même si pour cette fois  ce sera une roue de secours.

Nous voici au sommet du téléski d'Arolla parce qu'on aime bien tricher et se la faire belle de temps en temps.

Nous croisons 1 couple ultra expérimenté de la montagne en provenance de Grenoble avec un jeune homme fort sympathique que nous n'arriverons pas à semer durant les 3 prochains jours.   

Les échelles du Pas de Chèvre restent la porte du paradis des Dix. Nous traversons ce qu'il reste du glacier de Cheillon et grimpons vers les bières de la cabane des Dix sous un soleil d'avant été.

L'accueil toujours aussi chaleureux de Daniel qui bosse, qui cuisine, qui gratte (sa guitare), et reste le maître du lieu mythique de Tête Noire avec le sourire et le sens de l'homme de la montagne version 21ème siècle.

La journée tellement belle annoncée ne s'est pas défilée. Si on avait été moins fainéants nous aurions pu monter à la Luette pour se conter fleurette mais la blanche des Dix nous a mis le grappin dessus vite-fait ! 

L'ambiance du soir autour de la soupe reste plus morose que le Mont Rose. Le sujet principal de toutes les tables tourne autour des crevasses du Pigne à la montée comme à la descente sur les Vignettes. Notre course du lendemain restera un lendemain qui déchante et nous décidons de garder la corde du mardi dans le sac en réservant la cabane de Chanrion. Une bonne nuit de ronflette nous tant les bras d'un morphée taquin... comme d'hab.

Un poil d'histoire ci-dessous: la carte de Siegfried 1870 comparée à celle de nos jours gracieusement empruntée à l'office de la topographie que je vous conseille vivement d'aller visiter.

On remarque que le glacier de Cheillon allait jusqu'à l'actuel lac des Dix (Durand de Seillon). Le glacier de  Zigiorenove de l'époque (Tsijiorenouve) allait lécher le mayen d'Arolla, que le glacier de Pièce de Torgnon (Glacier de Pièce) allait plus de 400 plus bas qu'aujourd'hui. Que le Glacier d'Arolla finissait presque 4 kils plus bas qu'aujourd'hui pour 370 m de déniv.

Ce qui ne me permet pas d'accuser le réchauffement climatique pour autant. Le petit âge glacière en était le responsable de l'époque et aujourd'hui les glaciers reprennent leur place d'il y a 2000 ans environ. Par contre l'emballement de l'augmentation des températures actuelles reste considérable et nous dirige tout droit dans le four !...

 

5 avril en vacances sur la route de Chanrion par les 3 cols

 

Matin brumeux après le bircher des Dix.

Le Cheillon reste voilé du chapeau tout en nous montrant qu'il reste le gardien du temps d'ici, du temps du demain et de l'au-delà. Montagne impressionnante, solide comme le roc au son du rock de la cabane des Dix. Son glacier supérieur restera encore longtemps vivace, à l'image d'un musée d'histoire à l'abri des citadins.  Le col de Cheillon reste une porte ouverte sur le magnifique glacier de Giétroz. Le vent de sud et du nord se disputent le temps en jouant avec les nuages. Le brouillard peut devenir un criminel destructeur quand le foehn serré des isobares se laisse aller dans sa colère hivernale.  Le glacier de Giétroz comme centre du monde des zuzumanoïdes, reste un lieu privilégié de méditation et d'admiration blanche qui te prend les trippes jusqu'au plus profond de ton âme.

A son retour, la vie te paraîtra futile comme après l'achat consumériste du dernier iphone qui forcément t'apportera rien d'autre que du vide deux jours après son achat.

Il est long le glacier de Giétroz, et sa longueur dépend de ton pas... de ton rythme... de ton souffle... et de la météo mais forcément sa longueur ne t'apportera que bien être et satisfaction.

Un petit saut au sommet du Mont Rouge nous propulse vers un abîme incroyable sur le lac de Mauvoisin. Le haut val de Bagne reste incroyable dans sa simplicité sauvage et rustique.

La descente du col du Mont Rouge est un couloir cartonné à 45° qui fera chauffer les cuisses mais qui t'ouvre la porte sur le vallon de la Lyre Rose, hors du temps.

La remontée sur le col de la Lyre Rose reste courte mais rude avec ces conditions du jour.

La descente sur le vallon de Brenay nous ramène de jolies conditions printanières avec du ski agréable jusqu'au fond de vallée 450 mètres plus bas. Il nous restera qu'un défilement de paysages morainique parsemé des premières fleurs et de neige à l'agonie, au presque chaud  soleil jusqu'à la cabane de Chanrion.

Cabane nouvellement rénovée grande classe avec douche, eau courante et confort luxueux. Les nouveaux gardiens sont un exemple de  fraîcheur et de sympathie.

le génépi coule à flot dans nos veines, dans nos coeurs et jusque dans nos rêves...... 

le 6 avril  Chanrion-Arolla par le col des Vignettes.

 

Chaussage des skis avec le soleil qui couve le Grand Combin et qui nous amène dans la combe du ruisseau d'Otemma.

Passage de la prise d'eau aux couleurs des cascades de glaces de la combe de Crête Sèche. La longue remontée du glacier d'Otemma reste monotone mais le temps ralenti à mesure que ton pas prend le rythme de l'altitude. Le Bec d'Epicoune ouvre la porte droite de l'Aouille Tseuque, du Grand Blanchen et de la Singla jusqu'au glacier du Petit Mont Collon.

La pointe d'Otemma t'ouvre la porte gauche de la Pointe des Portons et de la Pointe de Brenay. Entre les deux, la rivière lente et languissante du glacier d'Otemma n'est pas pressée d'aller se réchauffer au soleil du bas... Y a rien qui presse finalement. 

Arrivés au col de Charmotane, la pente raide et pas avenante du tout nous oblige à prendre des pincettes pour déranger le moins possible cette neige prête à tuer !

C'est après plus de 5h00 de montée que nous arrivons au col des Vignettes ou le pic nique s'impose.

La descente sur le glacier de Pièce nous dirige tout droit sur Arolla ou le thermomètre accuse un réchauffement diurne plus qu'important en cette journée d'avril. c'est quand la prochaine ??

A plus

 


3 avril sur le spot secret 1200 m D+

 

Inespéré mais il faut prendre quand c'est tout chaud, comme les pains au chocolat. Dud-dur la trace.

vidéo

3 Avril...  Le retour... enfin
3 Avril... Le retour... enfin

Le 26 mars  Mont Rogneux depuis Champsec en passant par le col de Mille et l'arrête Ouest 1970 m D+

 

Je pars de Sarreyer pour Arolla et je prends à gauche à Champsec ! :)  Y a des fois, faut pas se poser trop de question. Mes mains prennent des initiatives sans en toucher mot à ma cervelle pleine de vapeur de génépi.

Bonne nouvelle, je dois marcher 40 minutes dans les crocus avant de mettre les skis, Les oiseaux chantent à tue-tête... moi j'me tue les pieds et le manque de neige me tue tout court.

J'fais tout faux ce matin. je prend le chemin du bas et j'me retrouve tout en bas ! va falloir remonter les anciennes moraines de l'ancien glacier du Rogneux par une pente de 30° à grand coup de conversion. Mais au moins j'ai une vue magnifique sur ce qui m'attend... et ce sera pas de la tarte au pomme de Brunet.

Je me traine sur le faîte de la moraine en cogitant sur la droite ou la gauche et je pars au milieu sans passer par le col de Mille.

J'arrive à 2600m sur la crête qui mène au Rogneux et le vent de Sud me susurre d'enfiler mes gants, mon coupe-vent et de troquer ma casquette contre un bonnet. Décidément la suite me paraît peu confortable, c'est la première fois que je passe ici et le manque de neige rend la trace précaire, voire carrément craignos sur certains passages. J'insiste à passer les encoubles avec mes skis au lieu de tracer sur l'arrête à pince. Je sors même mon piolet du sac pour m'assurer et surtout pour me rassurer. J'en mène pas large et la fatigue commence sérieusement à me fatiguer. D'habitude je suis presque infatigable mais sur ce moment, j'en perd mes habitudes. Il me reste 350 mètres et je me suis toujours dit que quand il me reste moins de 300m, je n'ai pas le droit d'abandonner. Donc je me violente l'esprit pour faire encore 50 mètres ce qui m'oblige de facto à finir cette ascension.

C'est pas le moment de regarder le paysage, ni la vallée d'Entremont d'en plus bas.

Pas le temps de penser aux marmottes, aux edelweiss et à cogiter sur la vie d'en bas.

Je regarde droit devant moi, j'use de mes couteaux sur la glace, de mes peaux de phoque sur l'herbe rase et de mes bâtons pour garder l'équilibre.

Je me vois difficilement redescendre par le même itinéraire mais il est hors de question que je redescende par Brunet. Faudra bien que je trouve un passage dans la face Nord un point c'est tout. 

Je bisouille la croix du sommet, seul comme d'habitude mais je vois pointer sur l'arrête Est quelques zumains au taquet avec la tête dans le chrono ! Il est exclus que je réapprenne à parler l'homo sapien pour parler de la pluie et du beau temps.

J'en profite pour me défiler par la porte de derrière et retourner à mes skis que j'ai laissé une vingtaine de mètres sous le sommet.  Je ruppe une barre chocolatée avant de m'enfiler sous l'antécime en face Ouest, par ou je suis venu sur 150 m. et j'entrevois un échappatoire en face Nord. (que j'avais repéré en montant)

Ma meilleure décision de la journée clairement, même si la face est bien raide et ma fatigue bien présente, je suit une vieille trace ridée et fossilisée de mathusalem qui me guidera tout au long de la longue face Nord.

Au 3ème virage une plaque de glace cachée sous la petite couche de neige rouge me provoque une réelle frayeur mais ce ne sera qu'un avertissement.

La neige n'est pas la meilleure que j'ai eu cet hiver mais reste encore bien gérable. Mes cuisses chauffent dans cette descente incroyable. J'entrevois dans cette face de multiples couloirs, d'immenses possibilités à venir. J'ai l'impression de me retrouver dans un monde parallèle de freeride infini, cela fait plus de 10 ans que je chevauche ce Rogneux en restant à côté d'où il fallait être. J'en aurais pas fait le tour avant bien des années.

J'arrive à la cabane de Servay et je m'assied sur la marche en mélèze. Le temps s'arrête enfin.

Je dis sincèrement merci à cette montagne qui m'a accepté aujourd'hui et je lui explique tout bas que je resterais son ami fidèle encore quelques saisons.

La vue sur les Dents du Midi me rassasient de bien être, de calme, et de relâchement. Mes paupières se ferment dans une clémente somnolence de milieu d'après-midi. 

A plus

 

 


Le 24 mars  Tremette/Teysachaux ôh ôh!  800 m D+

 

Demi heure d'échauffement à pince de bon matin, ça réveille, ça dérouille, ça gargouille, ça bidouille, ça magouille, c'est bioutifouille.

Le grand air m'abreuve d'air frais à moindre frais. Marcher avec mes skis sur le sac à dos, c'est toujours un moment que j'apprécie. J'ai l'impression de partir à l'aventure XXL... même si c'est à côté de ma maison, sur la face Ouest du Moléson.

Dès le chalet Incrotta, je chausse et ne déchausserais plus jusque ?... en fait je sais pas... mais j'y vais de ce pas !

S'il y a une combe qui me comble, c'est bien l'univers sauvage au Nord de Theysachaux. Pas âme qui vive comme d'habitude, de la neige dure juste comme il faut, ni glacée ni trop cuite, juste à point en somme. C'est d'une grande beauté et j'admire la face Nord de Theysache qui me cligne un oeil aguicheur.  Un gros cailloux de presque 1 m3 a fait du surf il y a pas longtemps sur cette face ravagée pas les dernières avalanches rouges sang.

Je continue sans faire attention au sourire ravageur de cette face Nord, qui comme Ulysse ne me prendra pas dans ses bras, quitte à m'attacher au mât de mon trois mâts !

Je monterais à gauche de Theysache pour arriver au col ou passe le chemin d'été. Je grimpouille sur cette face à presque 50° sans mes crampons en tapant des marches avec mes chaussures à tout faire.

Arrivé sur le faîte étroit et branlant de la corniche sommitale, je chausse mes lattes... donne deux coups de carre pour tâter la tenue de neige et m'enfile dans cette pente bien dure et bien pentue... Je dois reconnaître que la pente m'excite et la douce montée d'adrénaline qui remonte dans mes veines devient malgré moi un mal presque nécessaire ! Au bas de la descente, je ne peux m'empêcher de remettre les peaux pour partir à la découverte d'une autre combe, d'une autre pente, d'un autre sommet, cette fois rasé de près.

Herbe d'altitude, piquante et vivifiante, caressée par le vent du Sud, du Nord et de l'Ouest. Les antécimes restent des cimes après-tout , il y a pas de mal à s'en faire quelques unes, vite avant d'aller bosser...  Cet hiver, ce sera certainement la dernière fois que je partage les mottes dans ce coin de paradis alors autant en profiter !

A plus


Col des Ecandilles, le 20 mars 2022   1300 m D+

 

Avec une neige gelée, croutée, rougeâtre, vieillissante et presque lassante, nous voici à Champex avec une belle brise rafraichissante de bon matin. Une course en principe à l'abri du foehn. Et après quelques rafales à Champex, il faut reconnaître que depuis le relais d'Arpette, c'est le calme presque absolu.

Une vingtaine de personnes sur la course, toujours en dévers... du même côté, juste bon pour casser les piautes, cloquer la malléole et trouer les chaussettes. 

1300 m en 3h00m, sans couteaux mais avec des peaux bien mises à contribution.

Une vue habituelle sur le glacier du Trient, sur le pissoir, les Aiguilles du pissoir et les aiguilles du Tour.  Manquait l'urinoir, la douche et l'eau chaude tout confort au col, pas de bol...

La descente, finalement pas si pire, bien que dure et croustillante. Finalement, c'est le lieu qui compte plus que les conditions. Ce Val d'Arpette reste une belle vallée, été comme hiver.

Pas de réel engagement, pas de dérupe impressionnante, pas de crevasse à portée de bâton, pas de dénivelé de  psychopathe, pas de plus ni de moins et encore moins de rien. Bref une course de papi du dimanche même si on s'est permis une descente avec les stars pour passer à Paju... à non Paju maintenant c'est des sculpteurs, des peintureurs, des rêveurs de la ville, tout sauf des gens de la montagne. Qu'est ce que tu veux, les temps changent !

https://www.youtube.com/watch?v=fi6Cc8pDIYs


Pointe de Boveire le 12 mars   2000 m+ 

 

Ce matin, je suis obligé d'aller à Brunnet à cause de ma partenaire qui doit être de retour au plus vite. Donc je lui file mes clés de voiture, l'accompagne jusqu'à la cabane et Hop je laisse ma cervelle ramollie décider d'une petite folie comme je les aiment.

Soit:  Du gros dénivelé, sauvage, un peu d'engagement et surtout un minimum de citadins moule-burne-pipette-bavards qui tracent de bizingle au plat et qui vont dru haut dans l'pentu !  Je suis un vieux con et l'assume...

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Les zécuries
Les zécuries
le Petit copain tout plein
le Petit copain tout plein

Après un Rivella chez Jean-Marc, mes 3 neurones ont opté pour la Pointe de Boveire. Une belle trotte sauvage qui sera certainement tracée par des sauvageons. Il se pourrait bien que je croise quelques collinets avec des bâtons d'un mètre cinquante de haut mais avec un start à 10h00, je serais à coup sûr the last au sommet.

Avec un foehn qui devrait pouvoir me souffler mes rêves de tempêtes à décoiffer les marmottes.

Me voici arrivé aux Ecuries de Cery après 2h00 de foule des grands jours sur la route de Brunet.



Enfin dans le vif de la journée, c'est l'heure de mon petit caca, d'une barre chocolatée, d'une lampée de sirop.

Je commence vraiment à être au top de ma forme après 2h30 d'approche et le plaisir grandi de minute en minute. Vue sur le col des Avouillons. Le Petit Combin immobile dans son manteau de glace et  qui me cligne d'un oeil ami cal-pas, c'est pas le moment...



Le seul passage un peu chaud sur une pente Est ramollie et presque pourrie fera de mon rythme une accélération foudroyante digne d'un content pipette qui me fera passer la pente à la vitesse d'un escargot champion du monde du 100 m. 

Beaucoup de trace mais toujours personne à l'horizon. 


Après 4h00 dans mes godasses je vois mon objectif sympathique tout au fond qui bouche l'horizon. De blanc de blanc que c'est beau. La plus belle montagne du monde... Avec toutes les autres évidemment.

Une vallée blanche sauvage qui donne le vertige. Le temps s'arrête sur un univers de marmottes endormies au pied du glacier du Petit Combin. La faune animale bien cachée pour l'occasion doit mourir de rire en regardant un ptit humain rigolo tout sourire, béatant  de plaisir sur ce tableau Giannadin.  Les edelweiss assoupies sous leur linceul doivent se retourner dans des rêves de printemps.

Ici,  tous désespèrent du dérèglement climatique à venir, même si le Co2 est synonyme de vie, il commence à prendre trop de place aux goût de la faune et de la flore sauvage du vallon de Lâne.

 


En passant par la moraine avec mes sabots...

Calme absolu au pied des montagnes royales de la région qui s'enroulent autour de lacs divins sculptés par les glaciers et les névés.

Retenus par une nature rocheuse et vivante.

Ravinés par les pluies, réchauffés par le soleil d'été et dessinés par le temps.

La notion d'effort pour y arriver n'a aucun sens, la fatigue est risible comparé à cet environnement sacré.


Qu'importe la durée de la montée... le cairn guidera tes souvenirs.

Le foehn est si calme en cette journée... qu'il ne peut que t'accompagner dans le plaisir.

Me voici seul au monde, regardant les zumains s'entre-tuer au nord comme au sud, depuis la nuit des temps et pour longtemps...

Plaisir abstrait et honteux, époque débile et futile. Qu'importe de quoi sera fait demain... le diable me prendra par la main.

A plus

 



Le 8 mars Tremette

Pour s'échauffer pendant le boulot.

Y a pas que ça à faire... quand faut y aller... faut y aller.


Petit Vélan  le  5 mars 2022  1100 m+

Après l'effort... le réconfort.

Petite sortie presque finie  au Petit-Vélan. Couloir Ouest carton avec une belle croute en surface. Visiblement pas l'idéal pour faire le fou dans un couloir à 45°.  Il nous manque 120 m. pour le sommet. On abandonne provisoirement mais c'est certain que l'on va revenir pour finir cette course. La région est superbe.

Un bel arrêt à la cabane de Plan du Jeux en descendant, une petite fondue, une bonne ambiance, un bon gardien et qu'est-ce que l'on veut de plus :) 

vidéo: 

 


Petit Combin à la journée  le 2 mars 2022     2300m+

 

J'avais prévu deux jours sur Arolla avec des amis mais le désistement d'une personne à changé la donne au dernier moment.  Je me retrouve à 8h00 en Vaudoisie sans but... Me voici orphelin sans aventure et plutôt en forme pour la saison.

 

Comme la fondue était prévue le soir au refuge des Bouquetins (Arolla), je décide de la garder dans le sac et m'imagine manger une moitié-moitié sur un glacier quelque part !

Je démarre et me retrouve à 10h00 à Fionnay avec un sac de presque 10 kilos, j'égrène l'inutile pour une journée mais garde la fondue, mon baudrier, mon matos glacier et 2 piolets... on sait jamais.

 

En montant les 500 premiers mètres, mon cerveau travail des neurones à vitesse inversément proportionnel à mon allure, je cogite sur mon but. Grand Tavé en descendant le couloir Est qui m'est resté en travers de la gorge la dernière fois, fondue sur le glacier de Corbassière, col des Avouillons et une belle assiette à Brunet... ou petit Combin ?

je suis franchement tard pour le petit, la dernière fois, j'étais parti à 2h00 du mat de Fionnay et il est 11h30 quand j'arrive dans le torrent de Corbassière. Je croise un guide de Verbier qui me confirme que les crevasses sont bien bouchées sur le glacier mais à la vue de son regard, je comprend bien qu'il me prend pour un débile échappé des soins palliatifs de l'EMS du coin.  Ce sera le dernier humain de la journée (heureusement).  La suite dépasse gentiment le réel pour succomber à l'odyssée d'une croisade immatérielle et contemplative.

Arrivé sous la passerelle de Corbassière, j'entrevois enfin le glacier du même nom. C'est un monde qui s'ouvre ou le sauvage n'existe plus, ou seul le rêveur passionné de montagne peut décrire cet univers de neige et de glace façonné par le vent. Tantôt lisse comme la peau d'un bébé, tantôt parsemé de vagues océaniques.

Comme l'océan tu ne peux pas imaginer ce qui se cache sous sa surface, c'est un livre d'histoire du climat dans lequel tu ne sauras pas ou commencer. La mémoire du millénaire, mouvement perpétuel de l'atmosphère  solide de notre planète. Le glacier de Corbassière est un long fleuve tranquille qui déroule sa sagesse au rythme des années qui passent.

je vais déguster cette longue remontée de 4 kilomètres en me prélassant au soleil de bagnes sur cet univers de glace et d'espace. Il me faudra 1 bonne heure et demie pour arriver aux premiers séracs. Une heure qui passe beaucoup trop vite, même en ralentissant mon pas, je n'arriverais  jamais à m'aligner sur la vitesse de l'histoire. J'imagine que je vais à contre-sens du glacier qui aura mis 3 ou 4 mille ans pour parcourir cette même distance.

Je passe à coté des premiers séracs et des premières crevasses quand un coup de canon me sort de ma béatitude, un tout gros sérac s'effondre dans un fracas insupportable. L'ensemble de mes muscles se raidissent en cherchant la provenance de l'explosion. Mes yeux font rapidement le tour de mon horizon pour détecter le moindre signe de danger imminent. Je vois avec soulagement le nuage de neige et de glace qui s'éparpille sous le corridor.  Aucuns dangers pour ma vieille peau morte de trouille... qui peut être culpabilise d'être ici tout seul à cette heure avancée.

Bref je bifurque à droite dans le petit couloir pour monter sur le haut glacier qui alimente le plateau des Maisons Blanches, rebelotte, les séracs s'effondrent comme des petits pains en-dessous du corridor.

Mon rythme baisse d'un cran aux abords de 3'000 mètres, mais je garde un pas nonchalant qui me va bien, j'apprécie le temps qui passe et regarde le soleil voilé qui disparait derrière le Combin de Boveire, les ombres s'allongent sur le couloir du gardien. Le plaisir d'être ici compense largement la fatigue qui commence à se faire sentir.

Il me reste environ 2 kilomètres de glacier à parcourir avant le dernier col et je compte bien en profiter jusqu'au bout. 

 

Ce sera la première fois que je passe ce col à ski et sans couteaux dans une neige dure mais pas gelée.  Depuis ce fameux col qui ouvre la porte du glacier des Follats, il me restera 100 mètres de dénivelé, la traversée du glacier et une bonne demi-heure pour arriver au sommet.

La nuit tombe. La solitude m'encourage à accélérer le pas. Je suis sur un nuage, au faîte de cette journée et presque perdu dans les étages du ciel.

Les fantômes, les yétis et les crevasses sans fond agitent mon esprit. Je traverse le glacier en me demandant si je suis bien à ma place en cet instant!  En arrivant au sommet, je prends quelques photos mais le couché de soleil est enveloppé par d'épais strato-cumulus. Ma fondue dans le sac attendra un peu. je me surprends à me demander ce que je fous au sommet du Petit-Combin à presque 19h00.  Je sors ma frontale pour enlever mes peaux de phoque et je me permets 2 minutes de pause avant de plier bagage. La descente sera rude... plus de 2 heures. Je dois également avouer que je n'ai qu'à moitié apprécié la descente entre les crevasses à la pâle lumière de ma frontale.

Dans le lit de Corbassière, le torrent me chuchote un suintement paisible, ma concentration se relâche quelque peu, mes muscles perdent en crispation et une onde de calme s'installe en moi. La fatigue s'installe à mesure que la pression diminue.

Par cette nuit piquante et sans lune. je laisse mon esprit remonter l'en haut tout en buvant la dernière golette de ma gourde. Je chausse mes peaux de phoque une dernière fois, et ne peux m'empêcher de penser aux loups de Bagnes.

Je guette les yeux qui me guettent... mais la fatigue me guette et je vois pas d'yeux qui me guettent.

à 21h45 j'arrive à ma bagnôle en n'ayant pas mangé ma fondue ni fini ma topette de génépi. Le ciel a rempli mon corps de souvenirs, j'ai l'estomac vide mais le coeur plein.

Cela fait presque 12 heures que je traine mes savates au son du silence. L'ombre humaine qui passe sous le réverbère de Fionnay sonne la fin de mon histoire. Je lui dis bonsoir, en étant surpris de savoir encore parler la langue d'en bas.

La fatigue sera très vite oubliée  et je ne pense plus qu'à une chose... Chatouiller le Grand Combin à la journée lors d'une belle nuit bien lunée de printemps.  A plus

 


26 Février   Le Gros Six  (Bourg-St-Pierre)    1200 m.

 

Une course magnifique dans la combe des Planards.  Partis de Bourg-St-Pierre sur la route du barrage de Toule. C'est 30 minutes de faux plat et 10 minutes pour grimper sur le barrage.  Ensuite c'est que du bonheur même s'il y a peu de neige pour la saison. En trio avec mes deux équipières préférées. Cette longue course reste en-dehors des sentiers de Bourg-St-Bernard. La combe des Planards reste un must sauvage avec des chamois qui nous observent tranquillement pour ne pas nous effrayer. Nous sommes clairement dans le rôle de l'humain toléré par les autochtones. Ambiance sauvage sur le faux plat de la Chaux des Planards. Partis pour redescendre par la combe de l'A jusqu'à Liddes, nous avons renoncé à cause du manque de neige pour descendre sur le col du Névé de la Rousse et l'absence de corde pour assurer mes deux blondes. La descente nous a gâté grave avec des conditions exceptionnelles sur la face Est du Gros Six.


22 Février Merdasson.  650 mètres vite pendant le boulot

 

Encore me diras-tu... Mais cher ami, ce Diable était du meilleur cru.

35 cm tombés la nuit rendait la visite indispensable... la pente désirable et le plaisir incomparable.

Que le grand crique me croque si en 52 ans de pratique sur cette pente... je l'ai rarement vue si plaisante.

 

Le Diable pour moi tout seul, sur le terrain de jeux du paradis. Quoi de mieux que de jouer avec l'un et l'autre :) 

 

2 traces avant moi mais apparemment mes prédédéscendeurs ont préférés la proximité de la forêt pour ne pas titiller la neige fragile du jour... moi j'étais pour... une descente à mach 12.

Mémorable et j'en redemande...

A plus

photos

 


Le 20 Février  Pointe des 3 Lacs (Grand St Bernard) 900 m.

Passage à un degré 2 pendant la nuit sur les faces Nord, j'ai dû remettre le couvert avec mes deux citadins de la veille.  Même si j'étais un peu hésitant de monter cette face avec ses conditions, j'ai fait une coupe avant d'attaquer le bout raide pour me conforter que le choix serait suffisamment safe pour ne pas les dégouter.  Le moindre vroum, la moindre plaque aurait joué en ma défaveur et contribué à les terroriser pour le restant de leur vie ! Comme d'habitude le Monteillier bouchonnait, l'Hospice bouchonnait, Barasson Bouchonnait presque et le parking était plein à craquer comme d'hab ! Et moi qui déteste les bouchons, j'ai préféré déboucher au sommet de la Pointe des 3 lacs avec vue sur les lacs de Fenêtre, le Mont Blanc, le Grand Golliat et la Méditerranée (enfin presque) Seuls au monde en haut, l'ambiance est vraiment "montagne". Les chérubins aux anges et la neige poudreuse à souhait... comme dans les films de Jérémi... ou rien !


19 Février Le Chantonnet

Par degré 3 SLF avec 2 touristes à emmener sur des pentes agréables et qui ne font pas peur, le choix n'était pas vraiment simple. Ce sera au Chantonnet sur la Fouly. 960 mètres pas trop technique, pas trop craignos et surtout presque idéal pour leur donner le goût des cimes !  Le seul bémol était le vent de SO annoncé modéré et finalement il était fort du Nord, avec un froid de canard surgelé sans sauce à l'orange en prime. Les nappes de brouillard sont venues semer la zizanie dans une ambiance fantomatique et taquine. Pour des citadins de la ville, ils sont montés comme des bombes (2h30) :)  Ambiance d'hiver avec une crachée le jour d'avant et un peu de flotte en-dessus de 2'000 m le jour précédent la neige.


12 février    Pointe Kürz depuis Arolla

 

Une des plus belle course à la journée pour une course en solo. J'y suis allé en mai 2021 mais j'étais arrivé au sommet avec un brouillard à couper au couteau. Cette fois j'ai enfin pût apprécier la vue à sa juste mesure... et quelle mesure !

Sur l'Italie, la Dent Blanche, la Dent d'Hérens, le Mont Collon, le Haut glacier d'Arolla et le Grand Combin.

Parti à 9h00 d'Arolla, je suis arrivé au sommet à 15h11, à la vitesse d'un sexagénaire ventripotent. 3 personnes m'ont suivi jusque sur le haut glacier d'Arolla et ont bifurqué sur le refuge des Bouquetins, la suite en trio avec la Vierge à gauche et l'Evèque à droite. La vierge ressemble plus à un phallus  au garde à vous qu'à une pucelle éplorée pas déflorée.

Au col du Collon à 3068 mètres, très peu de neige et quand j'ai vu l'arrête finale en glace, j'ai bien crû que mes efforts seraient vains !  Conditions déplorables pour les 300 derniers mètres mais finalement passés aux couteaux avec mes crampons dans le sac à dos. Beaucoup, mais beaucoup moins de neige qu'en mai l'année passée. La descente partagée par une combe de la Vierge superbe en face Nord  et correcte jusqu'au bas glacier d'Arolla. La face Ouest, du sommet jusqu'au col déplorablement soufflée. La face Nord, bleue et de glace vive m'obligera d'y remonter un jour de printemps quand les hausses de températures vont coller la neige sur la glace vieillissante.

Glacier très peu crevassé mais comme je n'y suis jamais allé l'été, j'ai quand même pris une corde de 30 mètres, 2 piolets et tout le matos pour si jamais le plancher des vaches aurait décidé de jouer les trouble-fête.

Une journée éreintante mais de toute beauté, il faudra un jour que je réfléchisse sur la véritable motivation qui me pousse à faire des conneries pareilles !!

Pour la vidéo. 

 

 


3 Février Theysachaux 

Vite un ptit couloir central avant le boulot. Après 2 jours de neige, je m'attendais à beaucoup mieux. La limite de la pluie est bien remontée hier, et ce matin c'est gelé de partout sur une ancienne neige mouillée. Résultat béton à l'ombre et ça tourne très vite au soleil. Des bouffées d'air chaud me  chatouillent  le nez en arrivant sur la crête Sud. + 7° annoncé à 2'000 m. Yoyo garanti cette année. Je pense qu'il va falloir monter haut ce week-end pour avoir de la neige correcte ! J'étais content de mettre des skis "lourds" pour descendre. (session 95 Movement) Il faut quand même avouer que ça n'a rien à voir sur de la neige capricieuse entre carton et poudreuse compacte avec les Alps Track 90 que j'avais au Grand Tavé, que j'apprécie particulièrement lors de grandes courses. Degré 3 sur 5 SLF mais un 2 suffirait à mon avis. Surtout dans les Préalpes. Je pense que ça sera vite corrigé dès demain !

Je n'étais pas le premier dans le couloir, 2 traces avant moi.


29 janvier Grand Tavé  (Val de Bagnes) 1700 mètres

Gros morceau en solo, bien engagé et mal emmanché moins de 24 heures après mon vaccin covid.  

En partant de Fionnay à 9h00 je pensais arriver au sommet vers 14h30, j'y suis arrivé à 15h30 après de multiples arrêts vomito. Malade comme je ne souhaite à aucun chien, j'ai bien failli renoncer de nombreuses fois. 

La montée depuis Fionnay par le chemin d'été reste merdique comme d'hab avec les wagons de touristes qui descendent depuis le Petit Combin hélicoptéré. La trace est toujours gelée, en dévers, raide et chiante jusqu'aux Greniers de Corbassière. La descente sur la combe de la Dranse toujours déplaisante qui augmente le dénivellé de 90 mètres et qui te fait perdre une bonne demi-heure. La suite est belle, brute et sauvage avec personne pour te comter fleurette. En empruntant la combe avant la cabane Panossière tu raccourcis le parcours et cela te permet de sentir la neige pour la descente. Arrivé au col des Otannes, la vue et le soleil t'explose dans la tronche. Le glacier de Corbassière reste un long fleuve tranquille qui donne envie de s'y promener avec un bouquin. La suite reste plus sportive avec une pente bien engagée jusque vers 40° au plus raide. Les 300 derniers mètres seront un calvaire qui va durer presque 2 heures.

Mal foutu je pensais m'arrêter dès que la trace passe du ski aux crampons. Malheureusement, mes deux prédécesseurs m'ont tracé la totale jusqu'à l'antécime, je ne pouvais pas passer à côté de mon destin.

Au sommet, un fort vent de NE décoiffe même les chauves et empile les assiettes sur le Grand-Combin. Je me grouille de ranger mes peaux, je ruppe une banane, j'enfile ma doudoune, m'assied 5 mais pas plus, dit merci à la montagne de m'avoir laissé dégobiller sur son blanc manteau sans me châtier,  tire une photo ou deux pour la postérité, lâche un fil que je prends bien soins de recouvrir  d'une bonne couche de poudreuse. Histoire de laisser le sommet aussi blanc que blanc après mon humble passage et je chausse mes spatules... ouf ! j'ai pas que ça à faire, la descente sera rude.

Comme d'habitude, le premier virage dans une pente ou je ne vois pas le fond me paraît profondément insoutenable. La chute reste interdite mais la première pente ensoleillée reste encore très agréable à skier. Sous le col, c'est poudreuse à gogo et je peux enfin lâcher les canassons.

La suite reste dans les anales de la médiocrité. Ayant vu une trace qui remontait sur le chemin d'été, il m'a semblé malin de la suivre. Je remets mes peaux et quand j'arrive au chemin, je comprends que c'était pas une bonne idée si je voulais garder ma vie quelques années de plus. Chemin gelé-béton qui plonge sur un vide sinistre.

Je chausse mes couteaux, j'explose le support à couteaux de ma fixe neuve et appelle ma deuxième vie... à garder la première en vie.

Je courbe l'échine, je me chie parmi, je dégluti mon manque de boisson d'une gorge assèchée, je m'injurie de mes conneries et Je redescend dans la combe tant bien que mal  et rentre par la voie normale en me tapant la montée sur la Cougne comme un cougnon ... à la vitesse d'un escargot unijambiste en plein soleil, retraité, malade, transpirant et qui essaye de courir après le corbillard d'un lièvre !

En remettant mes peaux pour la quatrième fois de la journée, je pète une chaussure neuve (ben voyons) et j'me retrouve comme un âne avec un sabot usagé! La descente sur Fionnay reste dans la continuité d'un handicapé de la godasse qui va arriver à la bagnôle complètement épuisé après 8h00 d'efforts à Jerba la douce...   C'est fou ce que l'on peut être maso des fois :)  vivement la prochaine !

Réflexion 48 heures après l'acte: c'est pas du masochisme, ça frise la débilité mentale profonde!


25 janvier Châtillon  (Les Mosses)

A faire en semaine en lieu et place d'une journée sur les pistes de skis inutiles, encombrées et bondées.

En partant du Commun des Mosses sur le parking des fondeurs. Cette course de 1'100 mètres reste une classique de la région. La transversale depuis le col du Tarent jusqu'au sommet reste engagée en cas de fortes précipitations neigeuses ou de glace. A faire avec un pied sûr et un minimum d'expérience. Possibilité de raccourcir en montant au col du Tarent. 150 m. de moins avec presque la même vue.


22 janvier Le Chatelet (Champex)

Montagne discrète qui se mérite par un chemin qui part depuis Champex en direction de la Cabane d'Orny (chemin d'été) souvent peu de neige par une exposition SE, il faudra marcher une heure avant de mettre les peaux au fond de la rivière qui se la coule douce dans la combe d'orny. Toute la montée de la combe est à l'ombre une bonne partie de l'hiver, préservant la neige des randonneurs et du soleil. Nous croiserons 3 tjeuns en recherche de pente raide et de sensations. Il arrive de croiser des guides avec des clients qui se font hélicoptèré  (prénom d'emprunt) sur le glacier du Trient. Mais la solitude reste au menu du jour avec une vue inhabituelle sur le glacier de Saleinaz et des Clochers des Portalets.


15 janvier Montorge ( Bourg-St-bernard)

 

Depuis le parking de Bourg-St-Bernard, une course hors des chemins de la vie, sur le fil du temps ou ni chat, ni personne ne se croisent et se saluent. Tout simplement parce qu'aucun humain ne s'y intéresse. Les crêtes sont le domaine des chamois et les chamois sont l'épicerie du loup d'Entremont. Montorge est un nom que l'on oublie, ni prestigieux, ni caractéristique. Même les cartes semblent l'oublier. 2'922 mètres au compteur, au centre du monde, sur le parcours de la haute-route que seuls les anciens et quelques guides connaissent.  Un arrêt à la cabane de Plan du Jeux est indispensable. La vraie fondue fribourgeoise du valais, d'excellentes viandes et un gardien fort agréable.


17 janvier Tête de Payanne (Val de Bagne)

Une histoire d'amour avec cette montagne qui ressemble à une colline, la pente n'est jamais raide mais toujours agréable à skier. Un peu encombrée le weekend par son accès trop facile depuis les  installations de Bruson.


14 janvier Croix de Tsousse (Bourg-St-Bernard)


8 janvier Grand Six Blanc (La Fouly)

Avec une longue marche d'approche depuis Le Clou (la Fouly), cette montagne cachée dans le vallon du Bandarrey reste difficilement accessible en hiver et c'est tant mieux. Après une semaine sans chutes de neige, les traces restent à faire, la neige reste froide et le coup de coeur bien présent.


4 janvier Cabane Brunet

avec un encombrement d'autoroute du dimanche soir, il faut y aller le soir quand il neige et manger une bonne croute chez Jean-Marc


Soirée au Rogneux le 2 janvier

Au loin, l'imposant massif des Grandes Jorasses avale le soleil.  Le blanc devient pâle et laisse la place au rose puis au orange. Avec le temps, le rouge monte en puissance et enflamme  l'horizon. Les nuages menacent de prendre feux.

 

Devant moi, la trace se perd dans l'ombre du Rogneux. Le temps devient plus lent, le pas plus pesant, mon esprit plus bienveillant. La paix s'installe lentement, au rythme des minutes qui perdent le fil du temps. Ma fatigue disparait pour laisser la place aux émotions. Imperceptiblement le lit du soleil devient plus flou, plus sombre et son ombre devient plus menaçante sous la lumière d'une étoile timide qui prend de l'ampleur… enfin.

 

Au nord et à l'Est, l'horizon devient violet derrière les montagnes, les couleurs deviennent irréelles, presque d'un autre monde, d'un autre regard.

 

Je continue l'ascension d'un pas lent dans une noirceur qui donne le vertige. Je refuse d'allumer ma frontale pour profiter de cette lucidité nouvelle.

L'arrête finale du Rogneux révèle comme à son habitude des passages gelés, les couloirs raides deviennent noirs comme un abîme sans fin. Le vent du Sud-ouest en rafale m'oblige à rester concentré sur chaque mouvement de ski. Je prends soudain conscience d'être à la merci de la montagne, que ma vie reste suspendue à la bienveillance du moment.

A chaque rafale de vent, la neige me transperce comme des aiguilles. Le froid devient plus froid, la nuit plus noire et le sommet plus inaccessible, plus haut et plus hostile.

La magie de cette soirée me force à continuer.

4 heures plus tôt, je doutais d'arriver jusque-là. Grosse fatigue et manque de motivation. Maintenant je ne doute plus une seconde. Le privilège d'être vivant et lucide accompagne chacun de mes pas et chacune de mes respirations. Le nuage juste en-dessus de moi me tend une main amicale… ou maléfique.

J'oublie le vent, les précipices et les heures d'approches et je me gave de cette page noire comme la nuit. En cet instant irréel de lucidité et de concentration, ma place ici ne fait aucun doute. Je savoure à sa juste valeur la fin de cette ascension par quelques dernières conversions.

Depuis le sommet, les lumières de Verbier me paraissent futiles… et presque belles. L'humanité disparaît dans ces vallées noires du Val de Bagnes.

 

Solitude et plénitude  font ménage commun auprès de la croix du Rogneux.

 


Soirée au Merdasson le 22 décembre

Montagne de la Riviera, gardienne du lac et du vent d'Ouest. Ouverte aux temps qui passent. Colline amie et capricieuse. C'est avec bonheur que j'y glisse depuis l'enfance. Son atmosphère et sa situation contemplative privilégiée incite au respect du monde et de l'humanité.


 

 

 

 

Fondue à Tremette le 20 décembre. une bonne bouteille de blanc et une bonne lampée de génépi


 

 

 

 

 

Rogneux le dimanche 20 décembre en fin de journée


 

 

 

Couloir Ouest de Theysachaux le  14 décembre



Schleuronde 800 m.

Depuis Sarreyer reste un privilège quand il y a de la neige. A l'abri des regards des citadins qui montent au Rogneux en week-end. Les 800 m. de dénivellé sont un  must pour ceux qui préfèrent respirer les aiguilles de sapins en face Sud que de se geler les couilles en versant Nord. !

12 décembre.

 

 

 

Sarreyer la Chaux par une belle poudreuse du matin. ça tourne en face sud l'après-midi


 

 

7 décembre Merdasson et combe de Jaman. 

joli trip depuis les Hauts de Caux et redescendu la combe de Jaman avec remontée au sommet du Merdasson en rentrant. Descente par les Devants de Naye dans une poudreuse incroyable. Combe de Jaman un peu cartonnée et bien soufflée du Nord


 

 

 

5 décembre Theysachaux. tester la micro peau de phoque. Essais pas si mal. Même bon. 

Neige pendant la nuit mais beau soleil. Ça se réchauffe en haut en attendant la neige demain


 

 

3 décembre Tremetta, Grand beau le matin et neige de la nuit. Conditions poudreuse de rêve. 25 cm de la nuit. Légèrement soufflé du NE au sommet. Danger 2 mais correct

30 novembre Tremetta. (Moléson)  Jour blanc mais correcte. Bon vent d'ouest en haut. On sent encore bien les mottes

28 novembre, sommet du Merdasson. Plus de neige que prévu. l'effet de barrage ouest a bien fait son job. 25 en bas à 35 cm en haut

11 novembre au sommet du Mont Fort. Monté en eVTT jusqu'en-dessous de la cabane du Mont-Fort

 

Col des Gentianes le 6 novembre

4 novembre Hospice du Grand St-Bernard


16 octobre Levé de lune au Bivouac des Pantalons Blancs

 

 

 

La nuit le glacier ne fait plus partie de cette planète toxique, il respire l'odeur du ciel. L'espace et le froid le font vibrer d'aise. Il reprend sa place dans un univers jamais fini mais presque infini. Il se cale entre les roches des montagnes environnantes, se gonfle et bombe le torse dans un instant de survie. La moraine n'a qu'à bien se tenir, il arrive, il palpite, il pousse et se faufile. Ses crevasses s'entrelacent et couinent de plaisir.


Arrête des Avagères Petit Combin samedi 9 octobre

Arrête Sud-est du Mönch